18 juin 2005

Total Khéops, de Jean-Claude Izzo

Depuis longtemps déjà (1999), un jeune peintre brésilien, Paulo D., m'avait recommandé la trilogie de Jean-Claude Izzo. J'avais soupçonné Paulo d'être venu apprendre - plutôt que la peinture - le football. Mais en fait d'apprendre, il venait surtout observer, se fondre, se glisser dans ce triangle marquant : Aix, Cassis, Marseille. Les couleurs, les vivats et la sécheresse, parfois brutale, des moeurs, du climat, le fascinaient.Aujourd'hui je lis Total Khéops et je retrouve les postures de ces années 1990-2000, une aimantation... [Lire la suite]
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13 juin 2005

Claudel ou le déni de réalité, Cahier VIII (Journal)

Cet après-midi, travaillant beaucoup, m'ennuyant peu, j'optais pour une pause imméritée. J'attrapais le journal de Claudel, tome II, et filais directement là où ça barde : mai 1940 - novembre 1940. Pour Claudel, tout est très clair. Le 9 (ou 5) juillet, il écrit :Dans l'exposé des motifs, on reconnaît le mal fait par l'éducation sans Dieu. C'est toute l'Université, oeuvre de Napoléon, qu'il faudrait f. par terre. Toute l'idolâtrie classique.On déterre l'argenterie et mes manuscrits cachés par peur des Boches.Epouvantable ruine... [Lire la suite]
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10 juin 2005

La Place, d'Annie Ernaux

Je referme La Place (1983) d'Annie Ernaux et m''étonne de la distance qui nous en sépare. Ce livre me paraît bien plus contemporain de Bonjour tristesse que de Révolutions.La Place, biographie concise d'un père, emprunte son style à Flaubert, celui d'Un coeur simple et plus lointainement, celui de L'éducation sentimentale. Mais le rapport d'Annie Ernaux à Flaubert n'est pas neutre, probablement complexe ; elle a grandit à Yvetot, la bourgade de Madame Bovary. On remarque tout de même que le classicisme de ce texte s'opère au... [Lire la suite]
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07 juin 2005

Le Débat ; comment enseigner le français ? (mai-août 2005, no.135)

Cet après-midi, je prenais connaissance de la dernière livraison de la revue de Pierre Nora, Le Débat (No.135). Ce numéro consacré à l'enseignement du français m'interessait particulièrement ; il constitue la charge de Gallimard et de sa Pléiade d'hommes de lettres voire de praticiens contre la dérive pédagogisante des programmes en vigueur au collège (depuis 1996) et au lycée (depuis 2000).   Le numéro s'ouvre sur un entretien avec Alain Viala, responsable de la réforme actuelle. La justification... [Lire la suite]
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06 juin 2005

La Côte sauvage, de Jean-René Huguenin, un roman balnéaire

Ce week-end, je lisais le seul roman d'Huguenin (1936-1962), La Côte sauvage (1960), assez proche thématiquement du Bonjour tristesse de Françoise Sagan. Si le livre de Sagan impressionne par sa maîtrise précoce, le roman d'Huguenin fait preuve d'une inventivité prometteuse. Il y a entre l'intention et le procédé un espace où l'ambiguïté s'installe, phénomène rare tant les premiers livres sans audaces & secs de substances abondent (l'inversion de ce travers ne constitue, en aucun cas, un correctif).Julien Gracq, dans... [Lire la suite]
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31 mai 2005

Ce week-end, je lisais Un pedigree de Patrick Modiano

Ceux qui connaissent bien l'oeuvre de Patrick Modiano retrouveront l'un de ses rares livres sans ambiguïté. Ici toute la part est donnée à l'autobiographie, où plutôt à la biographie de ceux qu'il a cotoyé dans ses vingt-et-une premières années. Ce livre fait ainsi écho à Livret de famille.La surprise de ce livre provient de sa tonalité particulière (tonalité que l'on ne trouve pas dans Livret de famille). En effet, Patrick Modiano évoque plusieurs fois sa lassitude à gloser un passé encombrant. Il semble sur le point d'y... [Lire la suite]
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30 mai 2005

Le rideau, de Milan Kundera

Après La lenteur, L'identité, L'ignorance, c'est Le rideau qui a reçu un accueil réservé de la part des journalistes littéraires français. Ces réserves brouillent la réception de l'oeuvre de Kundera depuis dix ans déjà. Elles se fondent sur deux aspects, l'un invoqué (et phantasmé) et s'articulant sur l'autre, crypté (et sans conséquence).Les "réserves" émises portent essentiellement sur la langue employée par Kundera. A partir de La lenteur, il n'écrit plus en tchèque mais directement en français (nous rappelons qu'il... [Lire la suite]
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24 mai 2005

Bonjour tristesse de Françoise Sagan (1)

Ce week-end, j'ai lu Bonjour tristesse (1954) de Françoise Sagan. Dans l'une des piles des livres de poche d'Arielle, il y en avait un, plus vieux, plus misérable que les autres. C'était Bonjour Tristesse, un livre imprimé au troisième trimestre de 1965, plus de dix ans avant ma naissance. Jusqu'alors, je ne savais pas que les livres pouvaient aussi saisir l'odeur d'une époque - et marquer la distance qui nous en sépare. La quatrième de couverture était orange, comme la tranche, dont les pages étaient, principe du livre de... [Lire la suite]
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