31 mai 2005

Ce week-end, je lisais Un pedigree de Patrick Modiano

Ceux qui connaissent bien l'oeuvre de Patrick Modiano retrouveront l'un de ses rares livres sans ambiguïté. Ici toute la part est donnée à l'autobiographie, où plutôt à la biographie de ceux qu'il a cotoyé dans ses vingt-et-une premières années. Ce livre fait ainsi écho à Livret de famille.

La surprise de ce livre provient de sa tonalité particulière (tonalité que l'on ne trouve pas dans Livret de famille). En effet, Patrick Modiano évoque plusieurs fois sa lassitude à gloser un passé encombrant. Il semble sur le point d'y renoncer mais finalement s'exécute, persuadé qu'il s'agit d'une parenthèse difficile à rouvrir (poursuivant une métamorphose du roman modianien entamée depuis Dora Bruder). C'est ce paradoxe qui stupéfie le lecteur car, au fil de la lecture d'Un pedigree, celui-ci reconnait la matière, les lieux, l'intrigue de presque tous les livres de Patrick Modiano ; comment pourrait-il abandonner cela (alors même que le mystère s'épaissit)?

Souvent une phrase produit un effet de doublon. Le panier à salade devant les Deux Magots apparaissait déjà dans Dora Bruder. Et la scène qui précède ce moment, et l'enchaînement des faits. Ainsi, le lecteur revient sur un texte qu'il a déjà lu voire étudié. Il lui faudra s'attarder sur les relations, sur les distances qu'entretiennent les textes entre eux. Sans doute se joue-t-il là l'un des aspects récents de l'oeuvre de Patrick Modiano.

Posté par Leonard Dubini à 23:46 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


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