03 octobre 2005

Un week-end de rêve à Londres, Madrid, Milan, Rome, Munich et Liverpool

Un week-end exclusivement voué à du temps récréatif peut vite tourner au cauchemar. Imaginons un type, les quatre membres brisés, qui n'aurait d'autre choix que de se taper matchs de championnats européens sur matchs de championnats européens. Le dispositif est simple. Un sadique aurait allumé un écran quelconque, un autre aurait réglé les droits d'images, bref, l'accidenté sera là, membres suspendus tels Messala dans Ben Hur, n'exerçant son libre arbitre que dans l'étroite limite d'un zapping contraint entre tel match anglais, tel purge bundesliguesque, tel daube du calcio.

Ce type aurait deux constats à formuler :
- ce quotidien, c'est à peu près celui que vivent des millions d'américains depuis des décennies. C'est partiellement nouveau en Europe, et à ce petit jeu, les italiens ont les premiers disjonctés : dès l'an dernier, après quelques week-ends à ce rythme, l'overdose de foot (merci Murdoch) se fit sentir. Seul quelques 425 spectateurs prirent le risque de payer un Parme-Juventus, pourtant diffusé en mondiovision. Combien dégueulant d'ennui sur leurs canapés? La Messe, diarrhée perpétuelle.
- Man Utd a une équipe inepte. Surnagent quelques individualités mais c'est sans rapport avec ce qui se pratiquait il y a trois, quatre, cinq ans. Arsenal a dégonflé son milieu de terrain. Ils ne feront pas grand-chose (et battre laborieusement Birmingham, c'est pas faire grand-chose). Liverpool a une équipe dotée d'un excellent esprit. Gerrard est un joueur hors norme malgré son air amicalement niais. Chelsea a une équipe excellente dans tous les domaines. Drogba* fait des grands ponts aux défenseurs en faisant passer la balle derrière sa jambe d'appui, tout ça dans la course, là il centre et ça fait but (quatre passes décisives dimanche) mais pas de quoi oublier que, comme Dimanche, le fion vissé à un pieu d'hosto ou sur un fauteuil, c'est quand même pas terrible. Le Real a une marque de fabrique bien à elle, et cela depuis quelques années - depuis que ce club ne gagne plus rien (mais c'est aussi bien comme ça, quand le Real gagne c'est assez insupportable) - la célébration arrogante et ridicule de buts parfois géniaux. Le premier de Ronaldo fait froid dans le dos (course du gros, frappe soudaine, et ça ne peut pas être mieux placé, tout ça très vite et de très loin, rebondissant sur l'intérieur du poteau adverse). Le second de Roberto Carlos est assez ahurissant. Corner de Beckham à l'entrée de la surface de réparation, l'autre reprend en demi-volée. But et célébration débile. Les buts suivants, plus conventionnels, connaissent le même type de parades pitoyables (sauts de canards, saute mouton, etc... L'imagination n'est certainement pas un signe infaillible de santé mentale). Enfin, après ça où le vide est palpable (aux plâtres, bandages près), il faut se taper un Malaga - Athlético Madrid dont on se demande bien pourquoi il est programmé (l'autre alternative, c'est le match de Ligue des Champions Inter-Ajax joué à huis clos il y a cinq jours ; ah... les résonances des vociférations d'une vingtaine de milliardaires dans des stades vides). Bref l'homme moderne est aux abysses, explorant sans relâche les conduits des chiottes, et les abysses elle-même chutent, chutent, chutent (malgré ce qu'en pense le sympathique quoiqu'un peu terne personnel de l'Education Nationale).


* quand on pense que ce type là prenait, il y a quelques années, quotidiennement le RER, ça fait chaud au coeur (Drogba, 300000€/mois, sait les grèves RER. La classe.)

Posté par Leonard Dubini à 22:57 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


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