29 mai 2005

Le Milan AC, la danseuse usée, vieillie, fatiguée de Berlusconi

Après la demi-finale retour perdue face au PSV (3-1), et malgré la qualification, Silvio Berlusconi s'était distingué, n'hésitant pas à critiquer le style de jeu "trop frileux" de son équipe. Cette intervention parfaitement justifiée - le club n'était-il pas, à ce moment, premier de Série A et qualifié pour la finale de la Ligue des Champions - intervenait avant le match décisif contre la Juventus à San Siro. La critique galvanisa ses joueurs : ils se dépassèrent et perdirent la rencontre. Des matchs suivants, le Milan AC n'en gagna aucun mais abandonna sa "frilosité" : dix buts en deux matchs contre des pointures comme la Lecce. Il préparait au mieux la finale même s'il laissait le titre à la Juve. Cependant Berlusconi avait ressoudé une équipe trop confiante dans ses indéniables qualités techniques, tactiques et physiques. La finale approchait et ce supplément d'âme ne serait sans doute pas de trop.

La première mi-temps fut un désastre. Les joueurs, adhérant parfaitement aux consignes frileuses de Costacurta, menèrent rapidement 3-0. Si leurs contres faisaient mouches, le Milan AC rejouait sur ce mode que Berlusconi avait cru abolir. C'est donc furieux que celui-ci intervint dans les vestières. Il leur fit son discours de politique générale, se souvenant qu'il était le chef d'un gouvernement. Il leur insuffla sa passion, se souvenant qu'il était à la tête d'un groupe de communication. Enfin, il leur demanda d'abandonner cette marque de fabrique d'un football révolu, la frilosité dans laquelle excellait le rival interiste de Facchetti. Ce qui fut chose faite. Au-delà de toute espérance.

La seconde mi-temps fut somptueuse. Ce qui aurait pris des mois avec une équipe frileuse, et des semaines avec une équipe normale, le Milan AC l'a réalisé en sept minutes. Dudek, éblouit par l'inventivité de ses adversaires, fit alors tout son possible pour taper dans l'oeil d'"il Cavaliere". Il métamorphosa l'expression "réalisme à l'italienne" en couplet comique. Ses coéquipiers, eux, avaient choisi de s'engouffrer comme la Juventus, comme tous les adversaires du Milan depuis, dans la minuscule brèche que leur avait amicalement ouverte Berlusconi, il y a trois semaines, dans ses journaux (ou pourquoi il ne faut pas critiquer une équipe qui gagne chacun de ses matchs, surtout si c'est la sienne).

Posté par Leonard Dubini à 11:49 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


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